Le blog d'arwen

Journal d'une vie en devenir...

03 mars 2008

Bon allez zouuuuuuuuuu !

Je la fais cette note, j'en ressens le besoin, mais je vais essayer de faire soft, pour vous,

Je vais tâcher de concilier la nécessité que je ressens de vous en parler, et la façon dont vous pourriez la ressentir.

Oui, je sais le syndrome du St Bernard............ ^_^

J'arrive chez Zaboologue, assez tendue je dois le dire, et avec un quart d'heure d'avance.
Comme il est très doux, et marche doucement, je ne l'entends pas arriver, et je sursaute, c'est vous dire comme j'étais zen.
Il venait me dire bonjour, et m'expliquer que la personne me précédant n'était pas là, il allait attendre encore 5 mn, et viendrait me chercher.
Il a un fauteuil génial, vous savez le truc qui s'adapte à la position du dos, il s'incline tout seul suivant nos mouvements, alors je m'installe, et contemple pour la énième fois son poster de Lucky  Luke , qui chante "I'm a poor lonesome cowbow".
Un petit message pour les caliméros qui m'a toujours fait sourire.

5 mn chrono il arrive, quand je vous disais qu'il a une horloge dans la tête. Une chance pour moi, j'aurais eu du mal à attendre. Je lui dis que j'adore ce fauteuil, il me propose d'y rester encore un peu, non je veux y aller.

Intro de ma part : "J'ai une boîte de Pandore, que j'ai eu beaucoup de mal à garder fermée, et j'ai besoin de vous pour l'ouvrir, et m'en débarrasser.
- Il y a quoi dedans ?
- Une scène de violence .
- Racontez moi.

Alors je lui décris, tout en lui exprimant ce que je ressens en même temps, la douleur sur les parties frappées revient.
Je lui explique le déroulement, il me questionne pour que je sois le plus précise possible.
Je replonge dans la boîte et d'autres choses ressortent.
Il ne me lâche pas de questions judicieuses mais très calmes pour que je me remémore tout.

Mais dans l'après midi j'avais eu ma fille au téléphone, comme par hasard, et cela avait rajouté une petite boîte dans la grande.

lui : "quand il a fini ?
- il m'a dit "va voir ta fille elle est entrée et a tout vu."
Et moi de me culpabiliser, de dire, "mais pourquoi je n'y suis pas allée, pourquoi ?", j'ai seriné cette litanie un nombre incalculable de fois.

Lui : vous vous souvenez de quelque chose après qu'il vous ait dit ça ?

Non, rien de rien, un trou noir total, jusqu'au lendemain matin où devant la glace la tête et les mâchoires endolories, j'arrivais quand même à raisonner et à m'étonner de ne pas être marquée.

Il m'a déculpabilisée : devant une telle pluie de coups sur la tête, pendant un si long moment, j'avais obligatoirement été en état de choc, et certainement perdu connaissance.
Cela expliquerait le trou noir.


Allez il m'a enlevé un poids encore un autre. Puis un autre. Il a trouvé d'autres boîtes, et on a longtemps parlé.

Je suis ressortie les yeux bouffis, mais j'avais l'impression d'avoir perdu 10 kilos.
C'est avec un grand soupir de soulagement bien sonore que je me suis assise dans la voiture. J'ai pensé à vous.
Oui ma Khey, le moindre grain de poussière a été enlevé comme tu me l'as demandé.

C'est fou comme une simple phrase anodine prononcée peut réveiller des choses. Pour zaboologue c'est que je suis encore traumatisée.
Mais je dirai ce que j'ai dit à mon albatros, quand on est pas prêt , cela ne se fait pas, et si on n'y arrive pas tout seul, la vie s'en mêle. La preuve.

Une précision que je tiens à dire sur mon histoire. Mon ex mari était diabétique insulino dépendant, de façon traumatique après avoir vu son meilleur ami se faire guillotiner par ces rambardes de merde qu'il y a sur les 4 voies, et sont fatales pour les motards en cas de glissade.
Je le pensais déprimé, et il était sous anti dépresseurs,  de mon fait, mais je ne parlais pas de la violence à mon médecin, je ne parlais que de ma détresse et de mon envie de le quitter.

Au début j'avais de la compassion, il était très malade, mais au fil des jours, est devenu très macho, égoïste, et plus le temps passait, plus l'alcool faisait des ravages occasionnant de la violence ou des humiliations verbales.

J'ai beaucoup pleuré certes, tout en veillant à son diabète, puis je lui demandais de partir de me quitter, inutile d'épiloguer sur sa réaction. Je ne voulais pas quitter ma maison que j'avais depuis 15 ans et dans laquelle mes enfants avaient grandi.
Un jour sa mère m'a parlé de son passé psychiatrique que j'ignorais. Schizophrénie, et refus total de sa part de se faire soigner.
Là j'ai compris. C'était sans issue, aucun avenir possible, puis un soir il a été encore plus loin dans l'humiliation,à cause de cette merde d'euro 2000, il a obligé ma fille à ramper devant la télé pour ne pas le gêner.

Ma décision était irrévocable, j'ai éteint le poste, et le reste a suivi. Je savais que ce serait terrible, mais en éteignant cette  boîte à images, j'ai éteint ma vie de couple avec lui. Je n'avais aucune peur, et j'ai été jusqu'au bout.

Aussi étonnant que cela puisse paraître cette soirée apocalyptique, je l'ai vécue sans aucune crainte, ma décision était irrévocable. J'ai failli y rester, mais  bon cela ne devait pas se faire.

Je ne lui en veux plus depuis longtemps, je le plains même. Il doit être dans un piteux état. Et probablement en dialyse.
Parfois j'ai de la colère, mais vis à vis de la justice, et de la situation financière dans laquelle cela m'a mise.

Mais à y réfléchir, je ne suis pas à la rue, le frigo est rempli, et si je ne pars pas en vacances depuis des lustres, j'habite dans une ville magnifique, je me porte bien pour mon âge, et mes enfants sont merveilleux.

J'ai voulu vous préciser cette partie de mon histoire, pour que vous compreniez que j'étais assez coincée, et qu'en aucun cas j'étais masochiste comme me l'a déclaré une psy que je n'ai vu que 5 mn à mon arrivée à Rennes, diagnostique un peu primaire et surtout hâtif. Bien entendu , je suis partie en lui disant ça à cette dame.

Qu'est -ce qui vous a séduite chez lui a demandé Zaboologue ?
moi : ses yeux, quand les gens parlaient de lui ils disaient celui avec de si beaux yeux.

Un jour mon amie de la chorale m'a dit : "t'as un problème avec les mecs toi"
Oui, sans blague.
Je ne sais pas les choisir, alors je suis bien toute seule.
Et je ne suis pas seule en plus.

Je vous ai, ma troupe, et chorale demain, médecin du rectorat,
bref, les fondations mal faites, commencent à être enlevées, ça sent la reconstruction.
Vous ne croyez pas ?

Merci de m'avoir lue. Merci d'être là.

Vous vous rendez compte jusqu'où peut mener ce syndrome du St Bernard ? ^_^

Edit : mais quelle c********** je me suis trompée de jour pour le rendez vous au Rectorat, j'avais l'air bête, et je suis en colère! Bon tant pis c'est fait.

Posté par _arwen_ à 23:12 - Commentaires [52] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

AYEeeeeeeeeeeeee

Bon c'est fait ,

Avec Zaboologue, nous avons ouvert la boîte de Pandore, et puis une autre plus petite, mais bien présente.

Je ferai ma note demain, après le rendez vous avec le médecin du rectorat pour ma reconversion.

Là, plus envie d'en parler, et surtout , surtout, très fatiguée.

ALors je vais sous ma couette.

Les bagages étaient très lourds, ça m'a vidée au sens propre comme au sens figuré.

Mais je suis libérée.

Compte tenu des éléments , je vais bien. Juste besoin de repos.

A plus tard mes amis. Et bon courage à ceux qui bossent ou à ceux qui rament dans leurs soucis.
bisous.

Posté par _arwen_ à 17:37 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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