Le blog d'arwen

Journal d'une vie en devenir...

15 mars 2009

Pas facile !


"Vous souriez trop ! C'est un automatisme très coûteux ! Vous attirez comme ça, tout un tas de gens qui vous consomment et vous vampirisent. Sans parler des hommes.
Apprenez à faire la gueule, assumez votre dépression, exercez vous. Votre premier travail va être de me dire au revoir sans me sourire. "


A y réfléchir, c'est vrai que je me suis toujours dit que  j'étais trop bonne et que je me faisais bouffer.
Mais ce n'est pas aussi simple que ça en a l'air. Quarante ans d'automatisme !

Cela implique d'être en adéquation entre son intériorité et son extériorité. Donc inévitablement les mal êtres sautent à la figure, car on ne peut y parvenir sans leur faire face.

Je défie qui que ce soit d'y parvenir sans douleur.

Au fond de moi je sais qu'il a raison, mais j'ai du mal à faire la part des choses, à changer autant. J'ai progressé, ça s'est fait tout seul, ceux qui me bouffent, je m'en éloigne, et ceux que je trouve grossiers et vulgaires, je l'exprime ouvertement.
En fait c'est de l'auto protection.

Cela m'a joué des tours. Une infirmière me harcèle et m'en fait voir de toutes les couleurs, elle me prend pour une simulatrice et une profiteuse. Heureusement que mon psy me l'a confirmé, comme ça je sais que je ne me fais pas de films. (Heureusement elle est une semaine en vacances !)

Alors je m'atèle à cette tâche. Mais ce n'est pas sans mal, et d'un côté c'est apaisant quand on y parvient, ne réserver son sourire et son amour qu'à ceux qui nous aiment vraiment. La joie  n'en est que plus dense. J'ai pu le vivre en retrouvant ma fille hier.

Voilà la nouvelle étape.

Être ou paraître ? Comment conjuguer les deux à bon escient ?

Bisous à tous.

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08 mars 2009

Il y a moi, et aussi ...............................

Cela prend plus de temps que je ne l'aurais cru, il y a des moments difficiles, des crises de rire et des crises de larmes.
Là bas, il n'y a pas de frontière entre nous, on est arrivés en miettes, quelque soit le niveau culturel, le milieu social, nous sommes tous dans la même démarche. Et le courant passe,  car nous avons tous un point commun. Alors les masques sont tombés, pas de jugement, de la complicité et surtout une immense solidarité.

Mais aussi, il y a :

* Petite pomme : une jambe paralysée à cause d'un nerf sectionné lors d'un accident, un fauteuil électrique dernier modèle avec lequel elle fait l'andouille et nous fait rire, mais aussi, elle a eu un cancer du sein, craint une récidive puis non, pour apprendre ensuite que le crabe lui bouffait les poumons et qu'elle n'en avait plus pour longtemps.
La solidarité est muette, pas de compassion à outrance. Hier elle a pris ses béquilles m'a appelée, et a marché en laissant traîner derrière elle sa jambe morte. Pour se jeter dans mes bras.
Tant pis pour sa grippe intestinale, ça valait un câlin.
On pique beaucoup de fous rires toutes les deux.

* D, il est en désintox pour l'alcool, et sur la pente de la réussite, voilà sa soeur qui est décédée du crabe aussi. Rechute, il y a de  quoi.

* A je l'adore une grande gueule à la mesure de son grand coeur. Hilarant lui. Il avait réussi à se sortir de l'alcool, avait rencontré la femme de sa vie à la clinique, ils sont repartis tous les deux pour une nouvelle vie, retour ici, complètement bourré, son amie est condamnée. Il a beaucoup pleuré dans mes bras, mais on n'a rien dit sur les bières dans la poubelle, on a bien compris.

* Notre petite douce, son mari a profité de son hospitalisation pour déclencher la procédure de divorce, et son dernier week end thérapeutique, était pour l'estimation de la maison. Il y en a une autre dans ce cas.

J'ai un instit aussi. Lui c'est le "syndrome de la maison vide". N'a pas supporté que ses oiseaux quittent le nid, et ne peut plus entrer dans une salle de classe.
On ne parle pas de notre boulot. Notre présence a détrôné le corps enseignant, on s'en fout, car nous aussi, nous avons détrôné le mammouth.

Bref des larmes des fous rires, et tout doucement je vais à la rencontre de moi même. C'est à dire à la rencontre de mes faiblesses de mes douleurs.
J'ai fait un pas vendredi, j'ai réussi à envoyer un sms à mon frère aîné, pour lui dire qu'il me manquait. Manque de pot il est en Hongrie. Mais la démarche est faite.
J'ai compris hier, quand des amis sont venus de loin pour réparer ma voiture. M , je l'avais connue à la clinique, et elle a tout organisé pour que je puisse avoir à nouveau une voiture en état de marche.
Accepter de recevoir (oups j'ai eu du mal), et me voir avoir des contacts avec des gens en bonne santé. J'ai dû accepter d'autant plus que ce n'était pas mon cas.

J'avance doucement , mais j'avance. Quand j'ai dit à mon psy il y a quelques jours que j'allais mieux il a rigolé, il est d'ailleurs très marrant. Le kiné m'avait réveillée dix minutes plus tôt en me disant : "debout vos élèves vous attendent!"
L'humour est aussi présent. ça aide.
Bien sûr deux jours après c'était les grandes eaux, en raison du prix j'avais demandé une chambre double et celle qui m'attendait était un véritable mourroir avec une mamie. Malgré la virulence d'une infirmière qui me broute, il me met en chambre seule "pour raisons médicales", donc gratuite. Alors depuis hier une angoisse de moins.

Week end seule, pas très très bien vécu, mais mes enfants ont le droit de vivre. Du coup grand repos, une nuit de 15h.
Alors je rédige cette note, pour vous dire que je ne vous oublie pas, et partager ça avec vous.
Je n'oublie pas mes blogami(e)s, mais j'apprends le réel, le physique, et ça, il était grand temps, même si je ne le savais pas , ou ne voulais pas le savoir.

Gros gros bisous à vous tous et à vous toutes.

Posté par _arwen_ à 13:40 - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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